
Les migrations sont un phénomène ancien et constituent un apport social, culturel et économique inestimable. L'Union européenne (UE), pourtant, continue de s'enfermer dans une vision répressive, euro- centrée et réductrice des migrations.
Contrôle des frontières et chasse aux sans papiers, sont devenus les mots d'ordre de la plupart des politiques migratoires dans l'UE. L'étranger est un bouc émissaire tout trouvé pour attirer les votes des partis extrémistes et faire oublier les échecs des politiques économiques et sociales. L'UE a adopté en 2008 la Directive retour qui permet l'enfermement et l'éloignement des demandeurs d'asile et des sans papiers, avec des durées de rétention pouvant aller jusqu'à 18 mois. De même, le Conseil Européen a conclu le Pacte européen sur l'immigration et l'asile qui justifie le recours à un arsenal de mesures principalement sécuritaires. Se focalisant sur l'utilité économique des migrants, il élude la question de la régularisation des sans-papiers. Le pacte insiste sur les devoirs des migrants (travail, intégration, participation au développement de leur pays d'origine..) mais rogne leurs droits fondamentaux, notamment celui de vivre en famille. Au nom de l' « approche globale des migrations et du développement », ce pacte tente d'imposer une vision unilatérale aux pays d'émigration et de transit dans un dialogue Nord-Sud déjà fortement déséquilibré.